Auteur et Portraitiste*
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Remarquable #10 Jeanine Blachère

Jeanine Blachère

Crédit photo : Stanislas Liban

Crédit photo : Stanislas Liban

 

portrait/

Analepse. Jeanine est parisienne aujourd’hui. Mais elle est aussi australienne et uruguayenne. Des trois langues le français est celle qu’elle veut encore perfectionner -elle est exigeante avec elle-même Jeanine -. Alors c’est narquois de ma part d’ouvrir son portrait par un mot qu’elle ne connait probablement pas encore, mais j’aime quand elle lit un de mes textes et qu’elle me dit qu’elle a appris de nouveaux mots ou de nouvelles expressions françaises ! Et précisément analepse c’est le nom féminin du grec analepsis qui définit le mieux notre entretien. En trois décennies, Jeanine a vécu sur trois continents alors lui demander de dérouler son parcours c’est égrener ses souvenirs multiculturels et faire des retours en arrière aux teintes tantôt sud- américaines, tantôt australiennes et faire des bonds de l’un à l’autre jusqu’à son arrivée à Paris.
Comète Paris, la marque de pyjamas qu’elle a fondée est un condensé de toutes ses vies : le claquement des ciseaux maniés par sa mère dans l’atelier de confection familial en Uruguay, l’inspiration australienne pour le modèle unique en son genre et ce je ne sais quoi de parisien qu’elle distille dans l’âme de sa marque.

Ouvrir la boîte de Pandore

De l’Uruguay qui l’a vu naître, ce sont des sensations qu’elle décrit : le brouhaha qui provient de l’atelier jusqu’à la boutique de textiles de ses parents, les après-midis à regarder sa mère confectionner des pièces. Enfance insouciante ? Pas tout à fait pour autant. Et quand à l’aune de son dixième anniversaire ses parents lui annoncent des vacances, Jeanine s’envole pour Sydney sans savoir que c’est un aller simple. Nouvelle décennie nouveau continent. Jeanine déploie tous ses efforts pour apprendre l’anglais et adopter les usages australiens et même si elle obtient en dernière année de lycée le prix qui récompense les élèves les plus appréciés – gage de son exceptionnelle intégration- elle se sentira toujours différente. Faisant de sa singularité un atout.
Studieuse, elle sait que pour prétendre intégrer la meilleure université de droit de Sydney elle doit être parmi les premières du classement de sa région ! Elle travaille sans relâche et obtient la note qui lui ouvre les portes de la fac de droit. Et pourtant le droit elle le choisit un peu par hasard. C’est son entourage qui la pousse : « j’avais visiblement le caractère pour être une bonne avocate : je suis rigoureuse, je ne lâche rien. Alors je me suis laissée convaincre. ».
Diplômée, Jeanine ne prend pas le chemin du prétoire, elle entre en tant qu’avocate chez Baker et McKenzie, un cabinet international où elle s’initie aux fusions acquisitions et ne quittera pas le service qu’elle avait pourtant intégré provisoirement. Débauchée par Macquarie, la plus grande banque d’investissements australienne, Jeanine poursuit son ascension. Elle cartonne donc et pourtant elle sent déjà poindre une certaine envie d’ailleurs, elle sent qu’elle est vouée à une autre carrière mais elle ne sait pas encore ce qui la fera quitter le droit.

Le déclic c’est à son French Lover qu’elle le doit ! Benjamin la demande en mariage et perfectionniste, Jeanine, décide d’organiser elle-même l’évènement. Elle se prend au jeu et se surprend même à aimer ça : le lieu, les invitations, créer une décoration à leur image, raconter une histoire – la leur-  … Pendant près d’un an, elle ouvre une nouvelle porte, celle de la créativité :

« Je découvre que je peux sortir de la case intello dans laquelle on m’avait collée, je me révèle. »

Suivre son intuition

En 2011, Benjamin et Jeanine quittent Sydney pour Paris et désormais ce n’est plus en bateau qu’elle ira au bureau mais en métro direction Malakoff. Elle n’a pas encore passé le cap de l’entrepreneuriat et poursuit en fusions acquisitions. Naturellement son profil international la propulse en mission partout dans le monde, et Jeanine traine plus dans les lounges d’aéroports que dans son propre salon. La naissance de son premier enfant remettra en perspective ses priorités. Des questions elle s’en pose, se souvient du plaisir qu’elle a pris à gérer son mariage. La tentation est trop forte, en 2014, Jeanine démissionne avec la ferme intention de créer son business.  

Pour Jeanine, le désir d’entreprendre naît de deux exigences : être plus disponible pour sa famille et donc plus flexible dans la gestion de son temps d’une part et surtout explorer ce recoin jusque-là enfoui de sa personnalité : la création. Si son entourage et les experts qu’elle est allée interroger lui déconseillent en chœur de se lancer dans le textile et qui plus est dans la mode enfantine, Jeanine en est sûre, la France – les parents surtout !!- doivent en finir avec les boutons pressions. La révolution du pyjama est en marche. Et les initiés s’arrachent déjà les modèles de la première collection Comète Paris.

Pourquoi ?

L’histoire de Comète Paris est ici !