Auteur et Portraitiste*
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Remarquable #6 Philippine Pérouse 1/2

Philippine Pérouse

Crédit Photo :  Stéphane de Bourgies

Crédit Photo : Stéphane de Bourgies

 

Portrait /

Conviction. Au moment où j’écris ce portrait, je pense aux élèves de Terminale dont les pensées sont toutes entières dédiées à leurs inscriptions pour l’année prochaine. Combien sont-ils à savoir vers quoi ils tendent ? Font-ils un choix éclairé ou dépité ? Si vous aviez posé la question à Philippine Pérouse lorsqu’elle était à cette même place sa réponse eut été limpide : créer sa griffe de bijoux. Son objectif elle l’a atteint et même sublimé, Pérouse Paris est une Maison de joaillerie de luxe qui a fêté le 6 janvier son deuxième anniversaire. Retour sur l’itinéraire d’une femme déterminée, où le hasard a cédé sa place à la passion et au talent avec pour seul guide le désir fou d’entreprendre pour se hisser aux côtés des plus grands.

Ajuster son parcours

Des bijoux, Philippine Pérouse a le souvenir d’en avoir toujours créés. Petite fille évidemment, mais cette passion ne s’étiole pas en grandissant. Jeune fille elle assemble déjà des pierres de rocaille qu’elle vend sur le marché l’été. Puis sentant la vague des médailles gravées déferler, elle monte sa toute première société. Ses modèles s’arrachent : « J’ai observé mes concurrents et proposé des prix volontairement en dessous de ceux des autres. Ce fut mon tout premier test de création d’entreprise. » Réussi donc ! Bachelière, Philippine privilégie l’université : « Je me suis inscrite à la Sorbonne en économie-gestion pour y apprendre le business avec l’idée d’utiliser tout mon temps libre pour me former en gemmologie. Je savais très bien où j’allais et ce dont j’avais envie.. »

Parallèlement à la Sorbonne, Philippine suit donc des formations de gemmologie au GIA (Gemological Institude of America), institut de référence. Elle y apprend à noter les pierres de couleur, pourquoi une pierre est plus belle qu’une autre, les critères de notation… Dans la foulée elle entre en stage chez Chaumet et réalise une mission exceptionnelle : elle a quelques mois pour mettre en place une stratégie de gestion de l’activité en cas de crise. Elle rencontre ainsi les directeurs des différents services les interviewant sur leurs métiers et la façon dont ils l’exercent.  

Éblouie et plus décidée encore Philippine se heurte cependant à une réalité : « Si partout ailleurs, la Sorbonne est considérée comme une excellente université, en France c’est autre chose. On ne jure que par les écoles de commerces. Et si je veux intégrer les plus prestigieuses maisons de joaillerie, je me rends compte qu’il me faut un réseau. C’est dans cet unique but que j’intègre l’EDHEC ».
Les stages se succèdent, aux Galeries Lafayette en achat joaillerie d’abord où elle s’imprègne des tendances, observe les meilleures ventes, les meilleurs produits. Puis chez Van Cleef en marketing Haute Joaillerie : « Je passe 6 mois à manipuler des pièces exceptionnelles et à admirer l’artisanat d’art le plus extrême ». Troisième Maison, à Londres cette fois-ci chez De Beers. Pour celle qui s’était particulièrement formée aux pierres de couleurs, elle s’initie chez De Beers au diamant. Et découvre le marché du mariage : alliance et bagues de fiançailles.

Parfaire son apprentissage aux côtés des artisans

Au cours de son cursus à l’Edhec, Philippine doit partir un semestre en échange, sans hésiter elle s’envole pour Bangkok qui est la plateforme mondiale d’échange des pierres de couleurs : « Les pierres de couleur du monde entier sont envoyées à Bangkok pour être taillées, c’est là qu’il y a les meilleurs artisans reconnus pour tailler les facettes à la perfection. » Cette excellence recherchée par toutes les grandes maisons, Philippine veut l’apprendre elle aussi. Alors elle passe 6 mois dans un atelier, assise à côté d’une joaillière qui lui enseigne concrètement la fabrication d’un bijou. Philippine sait qu’elle veut créer et même si elle ne sait pas encore quelle forme ça prendra, ça lui parait indispensable pour sa culture générale de compléter sa formation en immersion dans cet atelier. 

De retour à Paris et diplômée, Philippine cherche à entrer dans une grande maison de joaillerie. Mais très vite après quelques entretiens, elle se rend compte qu’être au service marketing même chez les plus prestigieux joailliers ne pourra assouvir sa passion pour le produit en lui-même. Elle a besoin de toucher les pierres, de les manipuler. « Ce qui me passionnait c’était d’être proche du produit, alors je me décide à me lancer en me disant que si je signais un CDI je risquais de m’enliser. »
En janvier 2015, Philippine crée Pérouse Paris et présente sa première collection de bijoux précieux en pierres de couleurs.

L’histoire de Pérouse Paris à découvrir très prochainement ici.