Auteur et Portraitiste*
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Jeanine Blachère 2/2

Jeanine Blachère
Comète Paris

Crédit photo : Stanislas Liban

Crédit photo : Stanislas Liban

 

Comète Paris
"A bas les boutons pression, vive les fermetures Eclair !"

Plan fixe : il est 4h42, un timide rayon de lune éclaire le visage tendu d’un homme debout. Ses mains s’affairent. Il se bat visiblement. Brisant tout à coup le silence de la nuit, il crache un juron bien choisi, éveillée en sursaut sa femme le rejoint. A eux deux ils réussiront après plusieurs tentatives à venir à bout… de cette fichue série de boutons pressions et pourront cajoler leur bébé qui, définitivement réveillé par tant d’efforts achèvera la nuit en gazouillant dans les bras de ses parents endormis… Arrêtez de chercher de quel film est extraite cette scène, je l’ai emprunté à nous tous. Que celui qui n’a jamais échoué une série de boutons pressions lève le doigt. Personne ? Il fallait qu’une fée se penche, non pas sur le berceau, mais sur le dressing de nuit de nos enfants. Point de magie chez Jeanine mais du bon sens et surtout l’envie d’allier confort et facilité dans ses pyjamas avant-gardistes signés Comète Paris.

D'un manque nait l'inspiration

Jeanine ne sort pas d’une école de design textile ou d’un institut de la mode. Et pourtant c’est elle qui a mis au point le modèle de pyjama dont elle rêvait. Lorsque sa première fille vient au monde, Jeanine jongle entre son job de juriste internationale et sa vie de famille. Alors des précieuses minutes de câlins elle aimerait ne pas trop en perdre surtout quand c’est à cause d’un change interminable. Et comme la France (n’ayons pas peur des mots) ne semble pas encline à proposer à Jeanine des pyjamas qui s’enfilent rapidement, elle réfléchit au modèle qui lui semble parfait. Son credo : faciliter le change et le choix du pyjama. Elle élimine donc tout de suite les boutons pressions qu’elle remplace par une fermeture Eclair à double sens. Détail qui n’en n’est pas un puisqu’il évite de déshabiller bébé en entier pour lui changer sa couche. C’est ici que s’exprime toute l’inventivité de Jeanine et prouve surtout que Comète Paris est né du bon sens d’une mère. Combien d’heures de réunion par an faut-il aux marques classiques pour sortir inlassablement les mêmes modèles de Dors-Bien (vous ne rêvez pas c’est le nom technique de ces pyjamas qui précisément grignotent des minutes de notre sommeil et notre patience aussi), alors que Jeanine s’est simplement inspirée de son quotidien de maman ! Autre astuce, les chaussettes dépliables qui permettent de découvrir les pieds de bébé : parce qu’il apprend à marcher pour lui éviter de glisser ou plus simplement parce qu’il fait chaud.

Mise en orbite

Elle est perfectionniste Jeanine, et ne peut donc pas se contenter d’un pyjama fonctionnel, il faut qu’il soit beau ! Alors elle dessine elle-même des motifs uniques qu’elle associe aux teintes intemporelles de ses tissus. Et justement elle part en quête du meilleur des cotons, elle exige qu’il soit 100% bio avec ce qu’il faut d’élasticité pour ne pas contraindre les mouvements des enfants. C’est au Portugal qu’elle trouve le petit atelier familial qui confectionnera ses merveilles. Mais n’imaginez pas qu’il lui a suffi de s’envoler pour Porto avec ses dessins sous le bras pour nouer aussitôt un partenariat. Il lui a fallu de la patience pour attendre plusieurs mois durant les prototypes de ses modèles, les renvoyer, les faire refaire jusqu’au modèle actuel. On l’avait prévenu, il faut beaucoup de persévérance pour se lancer dans le textile, Jeanine le confesse aujourd’hui « oui ce fut long et douloureux parfois. Je suis une petite entreprise nouvelle sur le marché donc mes demandes n’étaient jamais traitées en premier, il fallait appeler, laisser des messages, relancer et parfois pour rien. ». Mais finalement ces mois à peaufiner son modèle lui auront permis de définir l’univers de sa marque. Pour cette inconditionnelle du Petit Prince le nom de Comète fut une évidence. « Je voulais un nom évocateur de rêve sans tomber dans un champ lexical trop enfantin, il fallait que ça plaise aussi aux parents ». Quelques semaines avant Noël, Jeanine a mis en orbite ses pyjamas extraordinaires et s’est envolée pour l’Australie passer des vacances auprès de ses parents. Au cours desquelles son père lui a susurré, coïncidence inouïe, qu’eux aussi ont commencé en confectionnant …  des pyjamas.

La Société Secrète des Parents Insoumis au Diktat des Boutons Pressions-qui plus est dans le dos-, vous bénissent toi et ton pyjama magique Jeanine !