Auteur et Portraitiste*
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Remarquable #4 Gersande Boucher 1/2

Gersande Boucher

Crédit photo :  Doune Tricot

Crédit photo : Doune Tricot

 

Portrait /

Et ce jour est arrivé où j’ai pris rendez-vous avec ma grande sœur pour retracer son parcours jusqu’à la création de Doune Tricot. Et même si je connaissais par cœur les moindres soubresauts qui ont jalonné son chemin, c’est en l’écoutant dérouler ses dix dernières années qu’a jailli son tempérament profond. Gersande Boucher est instinctivement créatrice et même si pendant une décennie elle a confiné son esprit artistique dans une profession on ne peut plus pragmatique, l’envie de créer ne l’a jamais quittée jusqu’à la naissance de Doune Tricot il y a peu.

L’artiste réaliste

Depuis l’adolescence, Gersande Boucher suit des cours de dessin. Elle maitrise le trait et ajoute à ses esquisses ce je ne sais quoi qui fait d’elle plus qu’une simple élève assidue. Elle a le sens du crayon mais pas seulement. Après le dessin, elle aiguise son œil en s’essayant à la photographie. Viens le moment de choisir ses études, et après une année à l’Académie Charpentier, un cours préparatoire aux écoles d’art, Gersande décide de dédier du temps à la photographie. Elle apprend les techniques, le développement, les différents boîtiers, chine d’antiques modèles mais ne se résout pas à en faire son métier. Et comme il faut bien exercer justement, elle abandonne ses aspirations artistiques et entreprend une carrière d’infirmière. Un peu par dépit s’amuse-t-elle : « Je ne sais toujours pas comment j’ai pu être diplômée ! ». Pendant 6 ans pourtant, elle exerce le métier d’infirmière en psychiatrie au sein de l’Elan Retrouvé, un hôpital de jour pour adultes. La particularité de ces institutions ce sont les ateliers thérapeutiques auxquels participent les patients. Et c’est justement l’un d’eux qui pousse Gersande Boucher à monter un atelier photographie. Renouant ainsi avec ses appareils photo, son esprit artistique se redéploye délicatement…
Lorsqu’avec une autre infirmière elle crée un atelier couture, elle ne se doutait pas un instant qu’y naitrait son engouement pour le tricot.

L’Artiste se réalise

Au cours des ateliers, Gersande tricote son premier pull et à partir de ce moment ne s’arrêtera plus de manier les aiguilles.

« Je découvre la joie du travail fini, abouti».

Entre les vidéos sur Youtube et les tutoriels qu’elle glane sur internet et dans les merceries, Gersande Boucher peaufine seule son apprentissage. « Je n’ai pas une technique académique du tricot – si tant est qu’il y en ait une – mais je vois tout de suite que j’ai le sens du tricot ». En effet, elle peut tout reproduire et commence à dessiner ses propres modèles. A force de snoods (tours de cou NDLR) et de bonnets, sa ligne s’étoffe. Elle se réalise dans la façon et dans la création puisque désormais elle ne tricote plus que des pièces qu’elle a elle-même esquissées.
Septembre 2014, Gersande vient d’avoir son deuxième enfant et se pose la question de quitter l’Elan Retrouvé pour créer son entreprise.

« Ça faisait longtemps que je voulais me lancer dans une profession artistique. Je ne savais pas si ça allait être dans la photo ou par un autre biais. »

A l’automne, confortée par les commandes qui s’accumulent elle se décide à créer sa propre marque d’accessoires en laine, tricoté à la main en France.

En février 2016, elle se retrouve devant son bureau, dans le flou. C’est épaulé par un expert en image de marque que Gersande va créer son concept : Doune Tricot.

L’histoire de Doune Tricot, à lire très prochainement ici.